Le suivi de grossesse

Pour assurer le bon déroulement de votre grossesse vous bénéficiez de 7 consultations médicales prénatales.

Au cours du 1er trimestre, il s’agit d’abord de confirmer la grossesse et d’en déterminer son commencement.

Pour confirmer la grossesse, après avoir observé un retard de règles, vous pouvez faire un test urinaire de grossesse, ou directement consulter votre sage-femme qui vous prescrira une prise de sang.

A cette occasion, ou un peu plus tard, vous ferez un bilan sanguin plus complet. Selon les résultats, la sage-femme vous prodigue les conseils adaptés, notamment sur le plan alimentaire.

La date de début de grossesse est déterminée à partir de la date de vos dernières règles (DDR) si vous la connaissez et que vos cycles sont réguliers, et des mesures de la première échographie. Le terme retenu sera « théorique » car il est fréquent que les cycles, l’échographie, et la date qui vous apparaît la plus probable, soient légèrement différents à quelques jours près.

Certains couples font parfois le choix d’une échographie dite de « datation » : elle ne fait pas partie des recommandations. Elle permet de localiser la grossesse et d’apprécier le rythme cardiaque (si elle n’est pas réalisée trop tôt !).

L’échographie du 1er trimestre se pratique autour de 12 semaines d’aménorrhées (SA). Elle donne des informations importantes sur votre enfant, et est souvent très attendue. On distingue étonnamment bien son enfant en devenir, à la fois si petit, et ayant déjà la silhouette d’un petit d’homme.

Après cette première échographie, avec l’aide de votre sage-femme, vous ferez votre déclaration de grossesse. Celle-ci devra être remplie avant la fin des 14 semaines d’aménorrhée. S’il s’agit d’un document papier, vous enverrez les 2 premiers volets à votre organisme de prestations familiales, et le troisième à votre organisme d’assurance maladie. Vous pouvez, sans obligation, en informer votre employeur.

A la suite de cette première échographie, également avant les 14 semaines d’aménorrhées, vous avez le choix de faire une estimation du risque de trisomie 21 fœtale du 1er trimestre. Cette estimation se base sur l’âge maternel, la clarté nucale de l’échographie du 1er trimestre, et des marqueurs d’une prise de sang faite à la future mère. Si vous avez opté pour ce test, la sage-femme prescriptrice recevra les résultats (sous une quinzaine de jours), et ne manquera pas de vous en informer !

Le résultat se présente sous forme d’un chiffre tel que « 1/XXX ». Quel qu’il soit, la sage-femme vous accompagnera pour son interprétation.

Si le chiffre est inférieur à 1/250, on propose aux femmes de faire une amniocentèse. C’est un examen qui présente un risque de fausse couche de 0.5 à 1%.

Aujourd’hui, pour savoir si l’enfant est porteur ou non d’une trisomie, sans examen invasif, il est possible de faire une simple prise de sang à la mère. A ce jour, cette prise de sang n’est pas remboursée par la sécurité sociale.

Il arrive parfois que la grossesse s’interrompe en cours de 1er trimestre. Vous n’en n’êtes pas responsable. Une grossesse qui ne serait pas « viable », s’arrêtera le plus souvent par elle-même. N’hésitez pas vous faire accompagner pour traverser les émotions ressenties.

Au 2e et 3e trimestre, vous verrez chaque mois votre sage-femme pour faire le point. Elle prescrira également une échographie par trimestre.

Une consultation anesthésiste est à prévoir autour de la 36e SA (au plus tard à la fin du 8e mois) dans le lieu d’accouchement que vous aurez choisi. Pour obtenir un rendez-vous dans la bonne période, il vous faudra prendre ce RDV à temps. Dans les Hautes-Alpes, vous prendrez votre RDV anesthésiste au plus tard à 32 SA.

Vers 36 SA, il faut également prendre un RDV avec la sage-femme de l’hôpital dans lequel vous accoucherez pour qu’elle puisse ouvrir un dossier, et ainsi être connue pour le jour de l’accouchement.

Dans les Hautes-Alpes, vous avez la chance de pouvoir attendre que votre grossesse soit avancée pour choisir le lieu d’accouchement que vous souhaitez.

La grossesse est déjà le bon moment pour réfléchir à un mode de garde qui vous convient si cela s’avère nécessaire.
Après avoir pris connaissance de votre situation médicale, votre sage-femme réalise chaque mois une consultation de grossesse.

Elle s’enquiert de votre état d’esprit, et échange avec vous sur vos éventuels maux de grossesse pour essayer d’en trouver les remèdes.

Votre sage-femme vous questionne sur de possibles symptômes pour s’assurer du bon déroulement de votre grossesse.

Elle consulte les examens que vous avez pu réaliser d’un mois sur l’autre : prise de sang ou échographie.

Votre sage-femme procède à un examen clinique. Elle prend votre tension, mesure la hauteur de votre utérus (pour s’assurer de la croissance de votre bébé), et écoute le cœur de votre bébé (dès qu’il sera assez grand pour cela). Vous abordez l’évolution de votre prise de poids (aléatoire selon les femmes et les grossesses). Si elle l’estime nécessaire, vous pouvez éventuellement être examinée.

A la fin de la consultation, elle prescrit les examens ou traitements nécessaires pour le mois suivant, avant de prévoir un prochain rendez-vous.
Si vous présentez certains symptômes, il est nécessaire de demander l’avis de votre sage-femme sans attendre la prochaine consultation :
  • Si vous perdez du sang, dans le cas où ces pertes ne sont pas liées à une échographie endovaginale, un rapport, ou un toucher vaginal.

En effet, suite à ces 3 événements, si le col de l’utérus a été légèrement stimulé, il se peut que vous observiez une trace de sang qui sera rouge le jour même, puis marron le lendemain.

  • Si vous ne sentez pas votre bébé bouger de la journée.

Les premiers mouvements du bébé se font ressentir autour de 20 semaines d’aménorrhées, comme « des bulles de champagnes ». Quand il aura suffisamment grandi, vous devrez le sentir bouger plus d’une fois dans la journée.

Si vous avez un doute, mettez-vous au calme, avec les mains sur votre ventre et essayez de rentrer en communication avec lui par le toucher (vos mains ou celles de votre partenaire). Vous pouvez aussi changer de position.

Si un doute subsiste, parlez-en, et faites écouter le cœur de votre bébé par la sage-femme.

  • Si vous avez des contractions régulières et intenses avant le terme.

Toutes les femmes ont des contractions en cours de grossesse. Certaines les sentiront très tôt, d’autres pas avant le jour de l’accouchement. Le ressenti des contractions est très différent selon la femme : certaines auront des sensations dans le bas du ventre, dans le dos…

Une contraction, c’est le muscle utérin qui se durcit. Il est normal d’en avoir. Le muscle qui mesure environ 6.5 cm avant la grossesse doit croître suffisamment pour abriter un bébé prêt à naître. Sans parler des mouvements du bébé, ou de vos activités à vous qui amèneront aussi à quelques contractions. Elles sont souvent plus nombreuses en fin de journée et s’apaiseront avec le repos ou une douche chaude.

Pour autant les contractions ne doivent pas être intenses et régulières avant les 37 semaines d’aménorrhées, elles devront s’arrêter avec le repos, et ne pas vous réveiller la nuit.

  • Si vous avez des signes d’hypertension. Principalement de fin de grossesse, l’hypertension artérielle peut conduire à des complications, d’où la surveillance de la tension tout au long de la grossesse.

Physiologiquement, la tension s’abaisse pendant la grossesse, pour s’adapter aux besoins du bébé. La tension doit être prise dans des conditions favorables (au repos, allongée), et ne doit pas dépasser 14/9 cmHg.

Les symptômes de l’hypertension sont des maux de tête, plus ou moins accompagnés de troubles visuels (phosphènes) ou auditifs (bourdonnements), d’une barre au-dessus de l’estomac, ou d’œdèmes (gonflements) du visage ou des pieds.

Pour surveillez les symptômes associés à la hausse de la tension, votre sage-femme vous fera faire une « bandelette urinaire », voire une prise de sang.

  • Si vous avez des signes d’infection urinaire.

Une femme enceinte est plus sensible aux infections urinaires. Il est important d’avoir un comportement préventif en buvant de l’eau en quantité tout au long de sa grossesse, en ne se retenant pas d’aller uriner, et en ayant une hygiène adaptée.

Si vous présentez des signes d’infection urinaire, tels que des brûlures en urinant, ou des douleurs, vous contacterez votre sage-femme pour faire une analyse.

Il est normal d’avoir des envies fréquentes d’uriner car votre bébé appuie sur votre vessie.

  • Si vous pensez avoir rompu la poche des eaux. Venez en consultation avec le vêtement et éventuellement la protection qui a été mouillée pour que l’on puisse avoir les éléments nécessaires confirmant la rupture.
  • Si vous avez de la fièvre. Consultez votre médecin ou votre sage-femme.
Si votre sage-femme observe des éléments qui amènent à une surveillance accrue de votre grossesse, elle travaillera en collaboration avec un gynécologue.
Vous observerez que tous les soignants vous parlent en semaines d’aménorrhées. Au début les « conversions » sont parfois difficiles à comprendre. Vous apprendrez à « traduire » vos semaines de grossesse en semaines d’aménorrhée (d’une femme qui aurait un cycle de 28 jours, soit 14 jours en plus par rapport aux semaines de grossesse), en mois pleins, ou mois « entamés ».

Exemple : 28 SA, correspond à 26 semaines de grossesse, à 6 mois pleins de grossesse, et donc au début du 7e mois de grossesse.

Le terme théorique pour une sage-femme française est posé à 41 semaines d’aménorrhée (soit 9 mois entiers). Mais l’enfant est suffisamment mature pour naître à partir de 37 SA (ses poumons étant matures à 36 SA) : dès ce moment il ne sera pas considéré comme prématuré. Le terme s’étend jusque 42 SA.

Si le jour du terme (41 SA) votre enfant n’est pas né, vous devrez vous rendre à l’hôpital pour s’assurer que les échanges entre vous et votre bébé se font bien. Si tout va bien, vous reviendrez dans 2 jours pour un nouveau contrôle…
En France, l’assurance maladie rembourse à 100 % les frais médicaux, pharmaceutiques et d'hospitalisation à partir du 1er jour du sixième mois de grossesse et jusqu'à douze jours après la date d'accouchement. Il faut penser à mettre votre carte vitale à jour à 6 mois de grossesse.

Avant cela, jusqu’à la fin du 5e mois de grossesse, seuls les examens prénataux obligatoires et les séances de préparations à la naissance sont pris en charge à 100% au titre de l’assurance maternité.

Un examen bucco-dentaire est également proposé aux femmes enceintes à partir du 4e mois de grossesse.

Au-delà des 12 jours après l’accouchement, la visite post-natale pour la mère (6 semaines après l’accouchement) et les séances de rééducation périnéale (6 semaines après l’accouchement) sont également couverts à 100% par l’assurance maternité.


LIENS
L' Assurance maladie Caisse d'allocations familiales 
Il est sage de prendre quelques précautions pendant la grossesse…

Se laver régulièrement les mains, sans oublier les ongles, notamment après être allée aux toilettes, et plus particulièrement après les soins auprès d’enfants, après avoir jardiné ou touché des objets souillés par de la terre ou du sable, après avoir touché un animal.

La litière du chat : dans la mesure du possible, faites-vous remplacer pour le faire. Elle doit être changée régulièrement (quotidiennement si possible). Si vous devez le faire, portez des gants et lavez-vous bien les mains ensuite.

Après chaque manipulation d’aliments crus (viande et volaille, œufs, crudités), lavez-vous bien les mains et nettoyez bien le plan de travail et les ustensiles.

Dans le réfrigérateur, emballez bien les aliments fragiles (viande, poisson, plats préparés) et placez-les dans la zone la plus froide.

Séparez bien aliments crus et aliments cuits. Mettez rapidement les restes au réfrigérateur et ne les conservez pas plus de 2 à 3 jours au maximum.

Nettoyez le réfrigérateur chaque semaine.

Ne décongelez pas les aliments à température ambiante, mais au réfrigérateur.

La température d’un réfrigérateur doit être comprise entre +0°C (dans le haut du frigo) et +6°C (dans le bac à légumes). Un congélateur doit être à -18°C.
SALMONELLOSE
Conservation des aliments : éviter les recettes contenant des œufs crus (mousse au chocolat ou mayonnaise maison…). Si vous en consommez, ne gardez pas les restes.

Cuisson des aliments : Veillez à bien cuire les viandes et poissons. Réchauffez bien les plats déjà cuits ou les restes, de façon à ce qu’ils soient chauds uniformément.
LISTERIOSE
La bactérie listeria peut se retrouver dans les aliments d’origine végétale ou animale, même s’ils ont été réfrigérés.

Pour éviter les risques de contamination pendant la grossesse, il est préférable de ne pas consommer
  • des fromages à pâte molle à croûte fleurie (type camembert, brie) et à croûte lavée (type munster, pont l’évêque), surtout s’ils sont au lait cru ; les fromages râpés industrielsEnlevez la croûte de tous les fromages ;
  • certains produits de charcuterie, notamment rillettes, pâtés, foie gras, produits en gelée ;
  • la viande crue ou peu cuite, les coquillages crus, le poisson cru (sushi, sashimi, tarama), les poissons fumés (saumon, truite), et les crustacés décortiqués vendus cuits.
TOXOPLASMOSE
La toxoplasmose est due à un parasite présent dans la terre et donc sur les végétaux ou dans la viande.

Si vous n’êtes pas immunisée, une prise de sang sera prescrite par votre sage-femme chaque mois de votre grossesse pour suivre votre sérologie. Dans ce cadre, vous devez connaître quelques conseils pour ne pas contracter la toxoplasmose en cours de grossesse.

Lavez avec application les végétaux : légumes, fruits et herbes aromatiques, pour retirer toute trace de terre. Cuisez bien la viande (pas de viande crue ou peu cuite) ; évitez les viandes fumées ou marinées (gibier) sauf si elles sont bien cuites.

PRÉCAUTIONS ALIMENTAIRES DIVERSES
Modérer les boissons contenant de la caféine (le café, le thé, certains sodas et boissons énergisantes). Il n’y a pas d’effet néfaste pendant la grossesse associé à la consommation de caféine, mais il est toutefois déconseillé de consommer plus de 3 tasses de café par jour.

Par précaution, limiter les produits à base de foie (quel que soit l’animal) car il contient des concentrations importantes en vitamine A. Des doses extrêmement élevées de vitamine A, que l’on ne peut pas atteindre avec une alimentation normale, peuvent présenter des risques pour le fœtus.

Limiter les aliments à base de soja à un produit par jour, car ils contiennent des phyto-estrogènes. Uniquement chez l’animal (et non chez l’homme) des expériences ont montré qu’ils peuvent avoir des effets indésirables sur les enfants.

Les produits enrichis en phytostérols (yaourts, margarines et autres préparations laitières) sont déconseillés aux femmes enceintes car on ignore s’ils présentent des risques.
CMV
Lavez-vous fréquemment les mains. En particulier si vous êtes en contact régulier avec un jeune enfant, surtout s'il fréquente une collectivité (crèche, garderie).

N'utiliser pas ses ustensiles de repas. Abstenez-vous de goûter ses aliments avec la même cuillère, et de sucer sa tétine.

Eviter les bisous sur la bouche des enfants.

N'utilisez pas ses affaires de toilette (gant, serviette, brosse à dents).

Lavez-vous soigneusement les mains après avoir mouché, changé un enfant.

Ces précautions s'appliquent également à votre conjoint.
LES TOXIQUES
L’alcool est une contre-indication absolue pendant la grossesse. Il n’y a aucune dose limite connue actuellement pour fixer un seuil de risque pour le développement neurologique de votre enfant.

Le tabac : il est vivement recommandé d’arrêter de fumer si ça vous est possible ou de limiter votre consommation. Vous pouvez être soutenu médicalement si besoin : l’assurance maladie prend en charge, sur prescription médicale, les traitements par substituts nicotiniques à hauteur de 150€ pour la femme enceinte. Rapprochez-vous de votre sage-femme ou votre médecin. Vous pouvez également consulter le site tabac-info-service.fr, ou avoir un suivi personnalisé par un tabacologue en composant le 3989 (0,15€/min depuis un poste fixe).


LIEN Guide nutrition et grossesse de l'INPES